Aperçu du marché mars 2026

13.03. 2026 mooh


Hausse des cours internationaux

Les prix du beurre et de la poudre de lait sur les marchés mondiaux se redressent. Début mars, l’indice Global Dairy Trade a augmenté de 5,7 % et la poudre de lait écrémé de 9,1 %. En Europe aussi, les prix remontent et la valeur de la matière première à Kiel dépassait à nouveau 30 centimes en février. En revanche, les prix payés aux producteurs continuent de baisser et se rapprochent des 40 centimes. Les prix du lait Spot restent sous pression en raison des volumes élevés, avec du lait entier en Allemagne autour de 15 centimes. La situation reste contrastée : le beurre est très demandé, tandis que la poudre de lait écrémé doit parfois être valorisée dans des installations de biogaz faute de capacités de transformation. La hausse des prix du beurre et de la matière grasse reste toutefois positive pour nous, car elle compense en partie les pertes de change lors des exportations de crème et de beurre.

Livraisons stables, mais aucune détente du côté des ventes

Les livraisons de lait chez mooh continuent d’augmenter, mais plus lentement que d’habitude pour la saison. Cela montre que les producteurs appliquent les mesures de réduction de production. En février, les livraisons de lait PER avec ensilage restaient toutefois environ 3 % au-dessus du niveau de l’année précédente. D’autres organisations signalent également un ralentissement de la croissance des volumes. Du côté des ventes, la situation s’améliore peu malgré nos efforts. Les capacités restent limitées, car les mesures d’allégement du marché sont mises en oeuvre lentement et les transformateurs travaillent toujours à pleine capacité. En mars, d’importants volumes de lait écrémé doivent encore être valorisés dans des installations de biogaz, tandis que la concurrence sur le marché suisse s’intensifie. Dans ces conditions, la segmentation du marché ne peut pas stabiliser les prix à court terme.

Intervention auprès de la branche pour éviter une baisse des prix

Sans une mise en oeuvre cohérente des mesures et une répartition équitable des charges entre les organisations, les efforts engagés par mooh pour réduire les volumes et écouler le lait C ne pourront pas produire les effets attendus. L’augmentation des volumes d’exportation soutenus décidée fin février par le comité de l‘IP-Lait ne suffit pas à résoudre le problème. Une implication réelle de tous les grands acteurs du marché est indispensable. Dans le cas contraire, mooh sera contraint de se battre, par le biais du prix, pour garantir à ses producteurs une part adéquate de lait A et B. Compte tenu de l’écart important entre les prix du lait A et du lait C, la segmentation du marché ne peut fonctionner que si les charges sont réparties équitablement. Le conseil d’administration de mooh a donc alerté avec insistance le comité de l‘IP-Lait ainsi que la SMP sur la situation actuelle. Comme aucune mesure réellement efficace n’a été prise jusqu’à présent, la commission des sanctions de l‘IP-Lait a également été informée et invitée à intervenir. Si la branche ne prend pas rapidement ses responsabilités de manière collective, les prix du lait en Suisse continueront de baisser. Dans le même temps, les chances d’obtenir une augmentation de la prime de transformation en fromage diminueront, tandis que des interventions politiques sur le marché du lait deviendront plus probables.

Lait sans ensilage : Correction des prix nécessaire

Pour le lait PER sans ensilage, les prix de base ont dû être légèrement revus à la baisse jusqu’en juin. Jusqu’ici, nous estimions que le segment du lait destiné à la fabrication de fromage resterait relativement stable et peu touché par les perturbations du marché du lait industriel, si ce n’est via certains volumes qui doivent être déclassés. Or il apparaît désormais que le marché du fromage est lui aussi affecté et que les ventes ne progressent que très lentement. Les interprofessions restent prudentes au niveau de l’attribution des volumes et se montrent très réservées concernant les variétés libres. Afin d’éviter une correction en été, lorsque la demande devrait normalement repartir, cet ajustement est appliqué dès le printemps.