Quelle est ta mission ?
En tant que directeur, ma mission est de définir la stratégie de mooh avec le conseil d’administration, puis de la mettre en oeuvre avec l’équipe. Nous nous orientons toujours selon notre mandat qui consiste à garantir que nos membres puissent gagner durablement leur vie grâce à la production de lait et qu’ils bénéficient de reconnaissance pour leur travail. Ma responsabilité centrale est également d’aligner toute l’équipe sur ce mandat et de veiller à ce que chaque membre de l’équipe, avec ses compétences et son expérience, dispose des meilleures conditions possibles pour apporter sa contribution à l’atteinte de nos objectifs. Je porte aussi la responsabilité globale des ventes de l’ensemble de mooh ainsi que de la direction de nos filiales, la fromagerie Laubbach et swissmooh AG, cette dernière ayant elle-même une filiale en Chine.
Qu‘est-ce qui te motive à travailler pour mooh ?
Je m’identifie pleinement à notre mandat. Ma plus grande motivation est donc de pouvoir verser un bon prix du lait à nos agriculteurs ou de réussir à l’augmenter. Dans des périodes comme actuellement, où cela n’est malheureusement pas possible et où les ventes sont difficiles, ma motivation est de développer, avec les quelques laiteries et fromageries partenaires encore fiables ainsi qu’à travers nos propres projets, de nouveaux débouchés offrant une bonne valeur ajoutée.
Quels ont été les plus grands défis du mois dernier ?
Cette année, l’écoulement du lait est très difficile, comme cela a déjà été décrit à plusieurs reprises dans l’info producteurs. Nos clients nous font régulièrement défaut et ne reprennent pas les quantités convenues auparavant. Acheminer tout le lait vers une transformation constitue donc déjà un grand défi. Par ailleurs, des décisions prises précédemment au niveau de la branche, concernant la répartition des coûts des mesures d’allègement du marché, ne sont pas mises en oeuvre. Cela génère beaucoup de stress dans l’équipe et pèse sur notre budget ainsi que sur votre prix du lait. La principale difficulté pour moi et pour toute l’équipe consiste donc actuellement à ouvrir sans cesse de nouveaux canaux de commercialisation pour le lait de nos fournisseurs et à se battre pour que nos agriculteurs puissent, dans cette phase de surplus de lait, écouler une part équitable de leur production sur le marché suisse protégé, là où la valeur ajoutée est la plus élevée. Dans de telles phases, il est aussi très exigeant de maintenir la motivation au sein de l’équipe malgré les frustrations quotidiennes et le stress important, tout en expliquant de manière compréhensible aux producteurs les mesures nécessaires.
Quels sont les retours des producteurs qui sont particulièrement précieux pour ton travail ?
Toute l’équipe et moi-même apprécions bien sûr les retours positifs et les mots de reconnaissance lorsque notre travail est apprécié. Mais les idées et propositions pour faire mieux sont tout aussi précieuses. Les retours critiques me sont également très utiles. Je préfère largement cela plutôt que de savoir qu’un producteur est mécontent mais garde simplement sa frustration pour lui.